Vous souffrez de ballonnements inexpliqués, de gaz, de fatigue chronique, parfois de diarrhée ou de constipation, et personne n’arrive vraiment à vous donner une réponse claire ? Vous avez peut‑être entendu parler du SIBO sans savoir ce que cela signifie concrètement.
C’est un peu comme si des mauvaises herbes envahissaient tout votre jardin au lieu de rester dans un coin isolé : au début, ce n’est qu’un désagrément, puis cela dérègle tout l’écosystème.
En France, plusieurs centaines de milliers de personnes seraient concernées par le SIBO, souvent sans diagnostic formel, et une proportion importante de patients présentant un syndrome de l’intestin irritable (IBS) auraient également un SIBO sous‑jacent.
SIBO : définition simple

Le fonctionnement normal de votre intestin grêle
Dans un système digestif sain, l’intestin grêle contient très peu de bactéries, alors que le côlon (gros intestin) en abrite des milliards : c’est là que votre microbiote travaille normalement.
Plusieurs barrières empêchent ces bactéries du côlon de remonter : l’acidité de l’estomac, la motilité intestinale (les contractions qui « poussent » les contenus vers le bas), la valvule iléo‑cæcale (la porte entre intestin grêle et côlon) et le système immunitaire intestinal.
Ce qui se passe dans le SIBO
Dans le SIBO, ces barrières se dérèglent et des bactéries coliques se mettent à proliférer dans l’intestin grêle, atteignant des concentrations supérieures à 10⁵–10⁶ bactéries/mL au lieu de niveaux beaucoup plus faibles normalement.
Ces bactéries consomment vos nutriments, fermentent rapidement les glucides et produisent des gaz (hydrogène, méthane), d’où les ballonnements, douleurs, diarrhée ou constipation, mais aussi la fatigue liée à la malabsorption.
5 causes principales du SIBO
Le SIBO n’apparaît pas par hasard : il résulte presque toujours d’un déséquilibre mécanique, chimique ou immunitaire dans votre tube digestif.
Cause 1 – Acidité gastrique insuffisante
Si l’estomac produit moins d’acide (vieillissement, prise prolongée d’inhibiteurs de la pompe à protons comme l’oméprazole, stress chronique), les bactéries ingérées avec les aliments ne sont plus correctement neutralisées.
Elles survivent et peuvent coloniser plus facilement l’intestin grêle, augmentant le risque de surcroissance bactérienne.
Cause 2 – Motilité intestinale ralentie
Quand l’intestin se contracte moins bien (neuropathie diabétique, troubles de la motricité, sclérodermie, hypothyroïdie), le contenu intestinal stagne au lieu de progresser vers le côlon.
Cette stagnation crée un environnement idéal pour que les bactéries se multiplient dans l’intestin grêle, favorisant un SIBO, avec un risque accru observé chez certaines populations comme les diabétiques.
Cause 3 – Valvule iléo‑cæcale défectueuse
La valvule iléo‑cæcale agit comme une porte à sens unique entre l’intestin grêle et le côlon.
Si cette « porte » fuit ou a été retirée lors d’une chirurgie, les bactéries du côlon peuvent remonter dans l’intestin grêle, provoquant une contamination ascendante et un SIBO.
Cause 4 – Infection digestive antérieure
Une gastro‑entérite aiguë, une intoxication alimentaire ou un épisode infectieux en voyage peuvent laisser une motricité intestinale perturbée et un microbiote déséquilibré, même après la “guérison” apparente.
Dans une proportion non négligeable de cas, cette phase post‑infectieuse s’accompagne d’un SIBO, contribuant à des symptômes digestifs chroniques.
Cause 5 – Immunité intestinale affaiblie
Lorsque les défenses immunitaires locales (notamment les IgA sécrétoires) sont diminuées, l’intestin filtre moins bien les micro‑organismes.
Des pathologies comme certains déficits immunitaires, le VIH ou des maladies inflammatoires intestinales peuvent ainsi favoriser l’installation d’un SIBO.
Les 7 symptômes clés du SIBO

Les symptômes du SIBO sont variés et parfois trompeurs : vous pouvez n’en présenter que deux ou au contraire presque toute la liste.
- Ballonnements abdominaux, sensation de ventre très gonflé après les repas.
- Gaz excessifs et flatulences fréquentes, parfois très odorantes.
- Douleurs ou crampes abdominales récurrentes.
- Diarrhée, constipation, ou alternance des deux.
- Fatigue chronique inexpliquée, parfois associée à des carences (fer, B12).
- Perte de poids involontaire ou difficulté à maintenir son poids.
- Douleurs articulaires ou musculaires, parfois associées à l’inflammation de bas grade.
Ces symptômes ressemblent beaucoup à ceux du syndrome de l’intestin irritable (IBS), ce qui explique que de nombreux patients restent longtemps sans diagnostic spécifique de SIBO.
Comment savoir si j’ai un SIBO ? 3 tests possibles
Test 1 – Test respiratoire (le plus courant)
Le test respiratoire consiste à boire une solution sucrée (lactulose ou glucose), puis à souffler dans des sachets ou un appareil à intervalles réguliers pendant 2 à 3 heures.
Si les bactéries de votre intestin grêle fermentent ce sucre, elles produisent de l’hydrogène et/ou du méthane, détectés dans votre haleine ; c’est un test non invasif, largement utilisé, mais avec une marge de faux négatifs.
Test 2 – Culture du liquide intestinal
Ce test repose sur un prélèvement direct de liquide de l’intestin grêle au cours d’une endoscopie, puis une culture pour quantifier et identifier les bactéries.
Il s’agit de la méthode la plus précise, mais aussi la plus invasive et la moins disponible, plutôt réservée à des centres spécialisés.
Test 3 – Auto‑questionnaire symptomatique
Un questionnaire structuré sur vos symptômes, leur ancienneté, les facteurs déclenchants et les antécédents digestifs peut donner une forte présomption de SIBO, sans valoir diagnostic officiel.
Ce type d’outil permet d’orienter la discussion avec votre médecin et de justifier la réalisation d’un test respiratoire lorsqu’il existe un faisceau d’indices concordants.
SIBO : grave ou pas ? Et combien de temps pour guérir ?
Est‑ce que le SIBO est dangereux ?
Le SIBO n’est généralement pas une maladie mortelle, mais il peut entraîner une malabsorption chronique, des carences en vitamines (B12, folates), en fer, en graisses et en certains minéraux.
À long terme, cela peut se traduire par une fatigue extrême, une anémie, une fragilisation osseuse (ostéoporose) et une dégradation nette de la qualité de vie si rien n’est fait.
Combien de temps pour guérir ?
La prise en charge d’un SIBO s’inscrit souvent sur 3 à 6 mois, avec plusieurs piliers : traitement antibiotique ciblé (comme la rifaximine) ou phytothérapie antimicrobienne, adaptation alimentaire (souvent type FODMAP réduit) et travail de fond sur le microbiote et la motricité.
Les études cliniques montrent des taux de réponse significative autour de 60–70% après protocole bien conduit, même si des récidives restent possibles, surtout sans stratégie de prévention à long terme.
3 premiers pas immédiats si vous pensez avoir un SIBO
- Prendre rendez‑vous avec un médecin ou un gastro‑entérologue
Préparez une liste de vos symptômes, leur évolution dans le temps et les liens possibles avec les repas pour faciliter l’orientation vers un test respiratoire ou un avis spécialisé. - Adapter progressivement votre alimentation en attendant le bilan
Sans basculer seule dans un régime restrictif extrême, commencer à réduire les aliments très fermentescibles (blé, produits très sucrés, oignons, ail) et privilégier des repas plus simples (riz, légumes bien cuits, protéines maigres) peut déjà diminuer une partie des symptômes. - Agir sur le stress et le sommeil
Le stress chronique et un sommeil insuffisant ralentissent la motilité intestinale et entretiennent l’inflammation de bas grade, ce qui peut aggraver un SIBO existant.
Intégrer chaque jour quelques minutes de respiration, de marche calme ou de relaxation, ainsi qu’un temps de sommeil suffisant, fait partie intégrante de la prise en charge globale.

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